« Dora Bruner » Patrick Modiano

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Dora Bruder (Contemporánea)

Ce compte-rendu reprend les échanges du cercle, les éléments envoyés par les absents et les références appelées qui n’auraient pas été évoquées lors de la discussion.

Ce livre n’est pas un roman. Pour le définir, on peut dire que c’est à la fois une enquête sur une personne réelle, une description de la vie des juifs vivant à Paris pendant la seconde guerre mondiale, une sorte d’autofiction se raccrochant par des coïncidences à ce qui est découvert pendant l’enquête, enfin une déambulation dans un quartier de Paris.

Ce « petit » livre a unanimement plu à tous et toutes. Chacun l’avait reçu, avec émotion, comme évoquant ses propres références, son histoire familiale, le journal d’Anne Franck ou le souvenir du quartier évoqué. Ont été soulignés la description de la machinerie répressive, contrôles et interdictions diverses contre les juifs, l’esprit de résistance, l’évocation des écrivains qui ont disparu au cours de cette période, les analogies et rapprochement toujours basés sur les lieux qu’il s’agisse de la rue Picpus ou d’une chambre ou l’auteur a vécu, la question du père, celui de Dora qui voulait la protéger et l’a peut-être exposée par cette annonce, celui de Modiano dont l’attitude ambigüe est curieusement mise en relation.

On s’est interrogé sur ce qui avait fixé Modiano sur la personne de Dora qui l’a obsédé pendant 10 ans. N’ayant pu répondre à sa première question, celle qui la relie le plus à lui, ce qu’elle avait fait pendant sa fugue de plusieurs mois, il élargit sa recherche à tout ce qui l’entoure, créant une sorte de portrait en creux.

Le livre s’inscrirait dans un mouvement des années 90 qui faisaient revivre des pans d’histoire par le récit très précis de vies singulières.

Le style, sans aucun effet, a donné lieu à une petite discussion.

On a cité le discours de Modiano lors de la cérémonie d’attribution du nom de Dora Bruder à une promenade qui serait idéalement située devant l’école qu’elle aurait fréquentée ?

On a pu regarder les photos de sa famille évoquées dans le livre mais absente des éditions françaises.

Je ne résiste pas à citer ce qui nous a été envoyé, décrivant le livre comme un « récit qui mêle habilement l’histoire de cette jeune fille reconstituée à grand ’peine par l’auteur et sa propre biographie. Des indices, des questions auxquelles on ne peut jamais répondre, des enquêtes fouillées, des hasards de trouvailles mettant à contribution l’entourage de l’auteur (merci à Serge Klarsfeld quand même !!!) tout cela contribue à former un réseau dense pour faire revivre cette jeune fille qui sinon aurait définitivement été oubliée par l’Histoire comme des centaines de milliers d’autres inconnus partis sans le savoir vers leur mort certaine. »

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