« Avant que le monde ne se ferme » Alain Mascaro

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Avant que le monde ne se ferme

Alain Mascaro est né en 1964. Professeur de lettres, il vend toutes ses affaires et abandonne tout en 2019 pour partir voyager à travers le monde. Son premier roman « Avant que le monde ne se ferme », commencé en 1990, a été écrit en 2020 alors qu’il était confiné en Thailande pendant plusieurs mois à cause du Covid.

Depuis, ils vivent en logeant chez des particuliers, en France ou ailleurs, en gardant leurs animaux pendant qu’ils sont absents. Il explique dans ses interviews, que sa compagne et lui ont appris à vivre avec presque rien et à profiter de l’instant présent sans être encombré par le passé ni se préoccuper de l’avenir. Chaque fois qu’ils ont envie d’acheter quelque chose, ils se demandent s’ils en ont vraiment besoin et répondent non la plupart du temps !

Plusieurs raisons à l’écriture de ce livre :

. L’auteur a été fasciné par les tsiganes dès son enfance (le fait qu’ils voyageaient sans cesse notamment), déjà une envie de voyager toujours comme il le fait désormais ?

. Histoire de la volonté d’extermination de ce peuple, comme les juifs et d’autres, mais que l’on connait moins. On appelle cela le « porrajmos » qui signifie « dévorer en romani » ou « samudaripen ». Le parallèle est évident : Anton, le personnage principal, va se convertir au judaïsme pour sauver sa vie à un moment donné. Alain Mascaro s’est beaucoup documenté sur le sujet et a même fait relire son livre par un historien spécialiste de la shoah qui a corrigé certaines inexactitudes historiques de l’auteur. On estime qu’entre 200 000 et 500 000 tsiganes ont été décimés, difficile d’être plus précis disent les sources.

Le titre : au début il avait mis « Avant de partir » puis on lui a fait changer pour un titre plus évocateur.

La discussion

La plupart des lecteurs ont apprécié le livre, facile à lire, certains le trouvant sombre.

Le roman est composé de trois parties, la vie traditionnelle des tsiganes jusqu’en 1940 (38 pages) puis la période de survie d’Anton, les ghettos et les camps (80 pages), puis sa renaissance en Amérique et les retrouvailles en Inde (120 pages).

Le livre a été considéré comme poétique, onirique, un peu magique. L’intérêt principal étant d’attirer l’attention sur les tsiganes, à la fois leurs croyances, leur mode de vie, et de parler de leur sort pendant la guerre, encore mal connu et mal évalué aujourd’hui.

Les lecteurs ont été particulièrement touchés par certains épisodes, l’évocation de la vie du cirque, le récit du voyage vers l’Inde, la relation avec les chevaux, et aussi par certains personnages, Jag le grand sage, Yadia, Katia, Anton considéré comme solaire.

Toutefois l’ensemble est reçu comme une histoire un peu « cousue de fil blanc », trop de coïncidences, de rencontres miraculeuses pour sauver Anton pendant la guerre, la rencontre de Gandhi le jour même de son assassinat, les retrouvailles à Jaisalmer. On a l’impression que l’auteur a voulu traiter trop de choses et que la trame romanesque ne peut tout porter en dehors du genre conte/fable poétique. Cependant c’est aussi un livre qui, tout en se voulant poétique, suscite la réflexion, les amitiés qui durent au long de la vie, les raisons de survivre, la violence, l’accélération du monde, le nomadisme.

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