Le choix d’un livre : l’instant du doute

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À l’approche des fêtes, les livres s’empilent sur les tables. Titres accrocheurs, quatrièmes de couverture en forme de bandes-annonces. Jamais l’offre n’a été aussi foisonnante, pour attirer les lecteurs qui se font de plus en plus rares, paradoxe de notre temps.

C’est là que naît une frustration familière : comment choisir ?
Comment ne pas se tromper, ne pas perdre son temps, ne pas refermer un livre avec ce sentiment diffus d’avoir été dupé — ou simplement d’être passé à côté ?

Car lire est devenu un engagement. Un luxe, presque. On ne lit plus « pour voir », on lit au détriment d’un autre livre, d’un autre auteur. Chaque choix est un renoncement. Et face à cette abondance, la tentation est grande de chercher la garantie absolue : l’avis unanime, la recommandation sûre, le livre que tout le monde a aimé. Mais fait-on partie de tout le monde ?

Les retours de lecteurs sont eux aussi déroutants. Enthousiasmes excessifs, rejets définitifs, jugements à l’emporte-pièce… Comment les lire ? Comment les entendre sans s’y soumettre ?

Reste alors l’intuition. Cette part fragile mais essentielle : se laisser attirer par une couverture, un titre, une phrase en quatrième, espérer être le 1er à découvrir une pépite. Ou accepter qu’un livre ne corresponde pas à ce qu’on attendait. Accepter aussi de se tromper — car même une déception  précise le goût, aiguise le lecteur que nous sommes.

Le club de lecture est là pour cela : partager les doutes autant que les élans, aller au delà de ce que nous serions tentés d’approcher, confronter les lectures sans chercher à les uniformiser. Ici, on ne cherche pas le « bon livre » universel, mais le livre qui, à un moment donné, a compté pour quelqu’un — et qui, peut-être, comptera pour un autre.

Belles lectures, et joyeuses hésitations.

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