
La forêt de flammes et d’ombre propose une fresque artistique et historique traversant plusieurs générations, sur fond de guerre et de création. Le roman met en scène une relation ambiguë entre trois artistes — deux peintres et un violoniste — unis par l’amour de l’art, de la musique (Beethoven, Mendelssohn) et par une expérience de la violence qui marque les corps et les vies : l’un des peintres, envoyé au front, revient mutilé et réapprend à créer avec sa bouche. Si certaines d’entre nous ont apprécié la brièveté du texte, son décor rapidement planté et son hommage à la persistance de l’art face à la destruction, d’autres ont été rebutées par une écriture jugée lisse, répétitive, voire fade, et par une intrigue perçue comme convenue. La lenteur du récit, l’impression de redite avec un autre roman de l’auteur (Âme brisée), ainsi que la difficulté à entrer dans un univers culturel ressenti comme étranger, ont laissé plusieurs lecteurs indifférents ou déçus. Restent néanmoins des éléments marquants — la revisite de l’histoire du Japon, la place de la culture française, la figure énigmatique du chien, et la question du regard masculin sur la guerre — qui expliquent pourquoi le livre peut être encensé comme un chef-d’œuvre par certains critiques, tout en divisant fortement les lecteurs.
Amusant comme les pronostics sont difficiles quant à l’appréciation ou le rejet d’un roman. Si nos avis furent partagés, un observateur de nos écha,ges depuis le début de la création de notre club de lecture aurait été surpris par les prises de position. : rejets inattendus de lectrices d’habitude positives et plutôt bienveillantes et soutien à l’inverse de lectrices très exigeantes.
Akira Mizubayashi vit à Tokyo et écrit directement en français.
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