« Un air de famille » Alessandro Piperno

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Un Air De Famille   de Piperno Alessandro  Format Grand format

Un air de famille propose l’anatomie d’une chute : celle d’un universitaire des années 1970, misanthrope, solitaire, intellectuellement brillant mais humainement passif, rattrapé tardivement par une affaire qu’il n’a pas su anticiper. Le roman, construit en plusieurs parties, déroute par ses ruptures : une première section exigeante et introspective, puis une seconde marquée par l’arrivée d’un enfant, d’abord incomprise. Lorsque l’enfant lui est retiré, le personnage ne se bat pas ; cette absence de résistance cristallise les débats du groupe : faiblesse, peur de nuire, égocentrisme ou fatigue morale d’un homme d’une autre époque. À travers le monde universitaire décrit comme un panier de crabes, Piperno interroge la responsabilité individuelle face à la violence administrative et sociale, le désintérêt affectif, le double abandon puis une possible renaissance. Roman très ancré dans l’actualité post-#MeToo, il divise par sa fin jugée moralisante, mais laisse une impression durable par certaines scènes fortes — notamment l’enterrement et la soirée entre amis — et par le portrait touchant d’un homme qui se laisse porter par les événements, sans but, jusqu’à sa chute.

Des avis très contrastés: comme dit ci dessus, certaines d’entre vous ont trouvé cet homme touchant, vulnérable car victime des jeunes ambitieuses d’autres l’ont perçu comme un abominable réac, veule et faible et incapable de réagir, il ne cherche pas à se défendre ni à l’Université, ni avec son petit cousin.

Parfois dans nos échanges, on se demande si on a lu le même livre, un peu ce qui s’est passé ici; certes ce roman se décompose en 3 parties, un peu inattendue et peu crédible et chacune d’entre nous a analysé le roman selon ce qui l’avait le plus marquée : la carrière universitaire et la référence aux roman de Philip Roth, l’attitude odieuse de la famille anglaise dans la 2eme partie, d’autres encore ont souligné des passages pouvant être qualifiés d’antisémistine , les passages émouvants entre ce célibataire endurci n’yant jamais connu la paternité et son comportement maladroit et parfois touchant avec son petit cousin, la fin en signe de reconnaissance a sauvé le roman pour certaines d’entre nous ,

Rappelons cependant que l’auteur est lui même qualifié d’enfant terrible des Lettres italiennes et connait une carrière universitaire. Règle t il ses comptes ?

Alessandro Piperno, né en 1972, vit à Rome, enseigne la littérature française à l’université et dirige les Meridiani, l’équivalent italien de la Pléiade. En 2005, Avec les pires intentions, son premier roman, est d’emblée un succès. Sans se départir d’une féroce ironie, c’est avec un ton plus grave qu’il écrit Persécution, premier volet d’un diptyque brillantissime, prix du Meilleur livre étranger 2011. Inséparables, le second volet, remporte le prix Strega en 2012. Là où l’histoire se termine paraît en 2017. Avec La Faute, Piperno, observateur subtil du genre humain, dresse un portrait tendre et acide de ses contemporains.

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